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Industrie

Unity pourrait devenir une nouvelle cible du fonds saoudien

Le fonds souverain saoudien et un groupe d’investisseurs seraient intéressés par Unity. L’entreprise discuterait avec plusieurs parties, pour une valorisation évoquée pouvant atteindre 25 milliards de dollars.

Unity, l’un des principaux moteurs de jeu vidéo, serait dans le viseur du fonds souverain saoudien et d’un consortium d’investisseurs comprenant Silver Lake. L’entreprise serait déjà en discussion avec des parties intéressées. La valorisation évoquée pourrait atteindre 25 milliards de dollars, alors que sa valeur boursière s’établissait à 21,5 milliards après la publication de ses derniers résultats. Aucune vente n’est toutefois confirmée.

L’intérêt pour Unity s’inscrit dans une série d’investissements qui pourrait renforcer le poids de l’Arabie saoudite dans le secteur du jeu vidéo. Silver Lake, déjà détenteur de 8 % de Unity, avait également participé au rachat d’Electronic Arts pour 55 milliards de dollars. Une éventuelle opération autour de l’éditeur du moteur ouvrirait une nouvelle voie d’influence, au-delà des prises de participation et des acquisitions déjà réalisées.

Un moteur utilisé bien au-delà des jeux vidéo

Unity est le deuxième moteur de jeu le plus populaire, derrière Unreal Engine. Il a notamment servi à créer des succès indépendants comme Hollow Knight et Among Us, mais aussi des jeux-service de grande ampleur comme Genshin Impact. Son utilisation dépasse toutefois le jeu vidéo : le logiciel est également employé par des concepteurs automobiles, des cinéastes et des architectes.

L’Arabie saoudite possède déjà plusieurs studios, dont le développeur mobile Scopely, et détient des participations dans des éditeurs comme Nintendo et Capcom. L’arrivée éventuelle de Unity dans ce portefeuille donnerait au pays une présence supplémentaire dans un outil utilisé par de nombreux acteurs de l’industrie. Le moteur ne constitue donc pas seulement un actif lié à un catalogue de jeux : il est aussi un logiciel de création utilisé dans plusieurs secteurs.

Une opération encore incertaine

Les discussions rapportées ne signifient pas qu’un accord est imminent. Silver Lake détient déjà une part importante de Unity, et l’entreprise étudierait les options qui s’offrent à elle. La valeur pouvant être envisagée dans le cadre d’une transaction dépasserait sa valorisation boursière récente, mais les éléments disponibles ne permettent pas de connaître les conditions d’une éventuelle offre ni son issue.

Le précédent d’Electronic Arts donne un aperçu des enjeux financiers associés à ces opérations. Le rachat de l’éditeur pour 55 milliards de dollars s’est accompagné d’une importante dette à effet de levier. EA a ensuite procédé à des coupes, parmi lesquelles la fermeture de BioWare, une décision très critiquée. Silver Lake était également impliqué dans cette acquisition.

Unity sort de plusieurs années de turbulences

L’intérêt évoqué pour l’entreprise intervient après plusieurs années difficiles pour Unity. En 2023, la société avait prévu d’instaurer une nouvelle redevance pour les développeurs, calculée en fonction du nombre d’installations de leurs jeux. Cette annonce a provoqué une forte opposition. Dans les mois qui ont suivi, John Riccitiello a quitté ses fonctions de président-directeur général.

La perspective d’une transaction a déjà eu un effet sur les marchés : après la publication des informations sur les discussions, l’action Unity a progressé de près de 15 %. Cette hausse ne garantit pas qu’un rachat se concrétisera, mais elle souligne l’attention portée à l’avenir de l’entreprise et à la valeur de son moteur, utilisé aussi bien dans des productions indépendantes que dans des jeux à grande échelle.