Industrie
Xbox : les premières mesures de relance peinent à convaincre
Les données de ventes et d’engagement aux États-Unis ne montrent pas d’amélioration liée aux récentes décisions d’Xbox, estime l’analyste Mat Piscatella. Asha Sharma défend toutefois une stratégie de redressement à long terme.

Les dernières décisions d’Xbox n’ont pas encore produit d’amélioration visible des ventes ni de l’engagement aux États-Unis, estime Mat Piscatella, analyste chez Circana. Le programme de passage du disque au numérique n’aurait pas modifié la tendance des ventes de jeux physiques, tandis que l’exclusivité console de Gears of War: E-Day n’aurait pas stimulé les ventes de matériel. Pour Asha Sharma, qui dirige Xbox depuis février, le redressement reste un chantier de long terme.
Des mesures sans effet visible sur les ventes
Mat Piscatella dit ne pas voir d’impact positif des initiatives récentes dans les données de ventes et d’engagement qu’il observe pour le marché américain. Il souligne notamment que la tendance des ventes de nouveaux jeux en version physique n’a pas changé avec le programme lié au passage du disque au numérique.
L’exclusivité Xbox de Gears of War: E-Day n’a pas non plus, selon lui, entraîné de hausse des ventes de consoles. L’analyste décrit le jeu comme un épisode très fidèle à l’identité de la série et visuellement réussi, mais juge que le réserver aux consoles Xbox a limité sa capacité à attirer un public plus large vers la plateforme. Des éléments laissaient penser que le jeu avait été prévu pour PS5, mais cette version n’est finalement pas sortie.
Les ventes de consoles Xbox continuent de reculer. Asha Sharma a évoqué un problème d’approvisionnement ; aux États-Unis, Piscatella estime toutefois qu’il reste facile de trouver une nouvelle Xbox. Dans ce contexte, l’exclusivité de Gears of War: E-Day n’a pas, à court terme, changé la trajectoire commerciale de la console.
Le retrait de Call of Duty de Game Pass en question
Piscatella critique aussi la décision de retirer les nouveaux jeux Call of Duty de Game Pass. D’après les données qu’il observe, la franchise a perdu une part importante de son engagement après le retrait de Modern Warfare 4 du service. Il ne relève pas de bénéfice compensant cette baisse, et estime qu’il est difficile de déceler des signes encourageants pour Xbox à l’heure actuelle.
L’analyste considère que certaines décisions peuvent séduire les fans les plus investis sur les réseaux sociaux, sans pour autant se traduire par des résultats mesurables. Son constat porte sur les effets observés jusqu’ici : il ne signifie pas que le plan de Sharma était censé transformer immédiatement la situation. Elle n’a pris ses fonctions qu’en février et a hérité de problèmes structurels.
Un plan qui vise plusieurs années
La dirigeante a présenté aux équipes une stratégie de long terme. Elle veut que chaque studio retrouve une dynamique de croissance, à la fois en nombre de joueurs et en revenus, d’ici la fin de l’exercice fiscal qui s’achève en juin 2027. Xbox a également créé XP, une unité chargée de développer la présence de ses jeux dans le cinéma, la télévision, les produits de consommation, les partenariats de sponsoring et les expériences en direct. De nouvelles initiatives en Chine font aussi partie des projets évoqués.
Sharma vise par ailleurs un retour au niveau de Sony et Nintendo en matière de marge bénéficiaire d’ici 2027, puis un dépassement à l’horizon du milieu des années 2030. La marge interne d’Xbox est actuellement d’environ 3 %, contre 9,9 % pour PlayStation et 16 % pour Nintendo. Une marge plus élevée signifie qu’une plus grande part des revenus reste disponible après les dépenses ; l’amélioration de cet indicateur constitue donc un autre objectif du plan de redressement.